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dimanche 14 février 2016

Dans le rien divin, une nouvelle naissance



Le vide, l'immensité, le silence, sont le trône de la fontaine de vie, de l'amour plus fort que la mort. 
Le vide n'est pas un but en soi. En son vaste sein, quelque chose, un je-ne-sais-quoi, se met à couler, un nectar dont jamais nulle âme ne fût rassasiée, une vibration au centre de la poitrine :

"Et ainsi, [dans le vide], l'âme ne voit plus rien, ni en Dieu ni dans les créatures, vers quoi elle puisse ou doive tendre, ni aucune manière d'agir qui lui puisse être utile".

C'est le fameux "il n'y a rien à faire" des "éveillés" d'aujourd'hui, le non-agir du Tao, l'in-action chrétienne, qui veut tout simplement dire qu'on se laisser agir.
Soit. Mais à quoi bon, s'il ne reste rien ?
A ceci de bon, car ceci reste :

"Ce qui lui reste, c'est qu'au milieu de son obscurité elle sent au plus profond de soi-même, une vertu secrète qui l'attire sans pouvoir, savoir ni comprendre ce que c'est, et comment cela se fait : car il ne lui paraît rien du tout qui puisse tomber dans son entendement, ni que sa volonté puisse embrasser ou poursuivre, et encore qu'elle ressente bien l'opération de cette vertu qui la pénètre, elle ne peut pourtant y contribuer autrement qu'en la laissant faire et en se laissant (pour ainsi parler) dévorer à elle... C'est ce feu qui doit consommer toute la propre vie de l'âme, et lui en redonner une toute nouvelle.. qu'il la transforme enfin et la fasse semblable à Dieu, autant que la créature lui peut ressembler."

Maur, Théologie chrétienne et mystique, p. 86 

La vie intérieure, comme toute vie, est faite de morts et de renaissances.

vendredi 8 janvier 2016

La science savoureuse

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La théologie mystique est "une secrète et très intime conversation de l'âme avec Dieu". Ici Dieu enseigne, alors que dans la théologie humaine, c'est l'homme qui essaie de connaître Dieu par ses propres efforts. 
Cette théologie du silence est une "science savoureuse". On laisse Dieu imprimer son image en nous, si bien que la seule action du pratiquant est de se laisser faire par Dieu.

"Cette théologie est une théologie du cœur, beaucoup plus que de l'entendement, plus dans l'expérience que dans la science, presque toute de Dieu et très peu de la créature : car c'est lui-même qui en est le maître et l'objet tout ensemble, et qui l'enseigne par l'application réelle de ses impressions dans le fond de l'âme, lesquelles servent de principes à cette toute divine théologie, et se répandent du centre dans la circonférence des puissances, pour les émouvoir à agir tout divinement et à recouler sans cesse vers la source qui les a remplies."

Martial d'Etampes, Entrée à la divine sagesse, 1651, p. 32

Le "centre des puissances", c'est le cœur ou volonté, c'est-à-dire la faculté d'aimer. Le coeur est le point de contact entre le "je" et Dieu, voir Dieu lui-même. En tous les cas, c'est de là que commence la transformation qui va ensuite toucher les autres facultés, l'entendement, la mémoire, puis les cinq sens. On sent ainsi comme une fontaine d'amour qui s'écoule du centre de soi, qui envahit tout l'être, et qui le pousse à aimer en retour, de plus en plus, ce qui se donne ainsi gratuitement dans le silence. On goûte d'abord, on connait ensuite.

Se tenir ferme en notre néant

Tout notre être est Dieu. Et donc, dans la conscience de cette dépendance totale,  il n'y a pas à se soucier des dons ou de leur a...