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dimanche 31 janvier 2016

La vie intérieure est inaction



Nous sommes habitués à progresser par nos efforts.
Mais dans la vie intérieure, tout notre effort doit être de nous laisser agir par l'énergie divine. 
C'est l'in-action, ou action intérieure.
Comme le conseille un Carme :

"les âmes ne sont pas encore accoutumées à ce genre de vie, elle ont de la peine...à s'empêcher de tendre à force de voiles et de rames...dans cet océan de la Divinité.
Mais à présent qu'elles n'ont pour motif que l'unique plénitude...il ne faut plus qu'elles usent d'autres industries ni effort que d'un simple écoulement de cœur en lui."

Mais pourquoi "vie intérieure" ?
"On appelle cet exercice vie, parce que l'âme n'en doit jamais être privée, autrement on pourrait dire qu'elle serait morte, comme l'on dit d'un corps mort, qu'il n'a plus d'âme. Et aussi...on l'appelle vie simple... Il est impossible que l'esprit qui a goûté Dieu simplement, par habitude et non en passant seulement, puisse jamais trouver goût ni s'appliquer à le cherche autrement."

Il n'y a pas de rémission :
"Quand Dieu s'est fait goûter au fond de l'âme, il laisse une impression quasi éternelle, et qui rappelle à soi tous les mouvements d'esprit avec une telle force qu'il ne peut jouir d'aucune satisfaction ailleurs que dans ce fonds qui est son centre et sa vraie demeure."

Maur de l'Enfant Jésus, Théologie chrétienne et mystique, pp. 71-73

dimanche 10 janvier 2016

Entre vide et plénitude

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Touché par la grâce, allant d'extases en extases, l'âme intérieure perd peu à peu des points de repère, jusqu'à un état de vide total, privé de tout appui. Mais en réalité, Dieu est l'appui; Cet état est simplement décrit comme "vide" par rapport aux états précédents. L'âme est alors comme un miroir immobile, comme un vitrail transparent :

"L'âme ne voit plus rien d'elle-même, elle ne voit rien de Dieu, elle ne peut plus agir, plus s'abandonner, plus vivre ni plus mourir ; elle ne conçoit ni ténèbres ni lumière, elle ne voit ni sortie ni entrée, elle ne peut ni désirer ni fuir, elle ne peut se plaire dans sa perte ni s'en attrister. Tout ce qu'on en peut dire, c'est qu'elle est dans un désert infini, suspendue comme entre le ciel et la terre, sans avoir un seul cheveu sur quoi s'appuyer. Elle est sans foi, sans espérance et sans amour, ce lui semble, d'autant qu'elle ne peut réfléchir là-dessus, mais pourtant jamais elle n'aima si fortement ni si parfaitement... Si elle doit faire quelque chose, c'est se rendre attentive sans aucun sien effort et ne mettre aucun empêchement à ce que Dieu fait en elle, ni par de subtiles réflexions, ni par soupirs, ni par admirations, mais comme une eau très belle et claire qui est arrêtée, reçoit sans émotion ce que Dieu fait en elle."

Maur de l'Enfant-Jésus, Exposition des communications divines, p. 175

Cet état est l'état de silence ultime, juste avant la plénitude parfaite, car vides et plénitudes alternent et vont s'approfondissant l'un l'autre jusqu'à leur perfection.

Cet avant-dernier état est le dernier des "moyens". Là, on "ne peut bonnement donner aucun précepte, ni pour y arriver ni pour y demeurer...parce que la créature ne fait ici que suivre les actions de Dieu."

Et cet état de vide total est de durée indéterminée :
"C'est assez de dire qu'ici l'âme n'a plus rien, et dans les autres qu'elle a encore quelque chose. Pour la durée de cet état, elle est aussi longue qu'il plait à Dieu ; car il n'y a que lui qui puisse ressusciter l'âme de cette mort à la vie."

mardi 29 décembre 2015

Comment recontrer Dieu ?



Comment s'unir à Dieu et se laisser guider par lui ?
Madame Guyon, répond ici en quelques vers, en reprenant une célèbre définition de Dieu que l'on trouve, à l'origine, dans le Livre des XXIV philosophes, puis passée par divers auteurs jusqu'à Pascal. Où l'on voit que ceux qui prêchaient l'oubli de tout et l'abandon dans l'instant présent n'en avaient pas moins une vaste culture et un goût pour les lettres et les choses bien dites :

"Immense Dieu, grande Nature,
Qu'afin de pouvoir rencontrer
Il ne faut ni sortir ni entrer
Au sein d'aucune créature,
Qui est de soi, qui chez soi vit,
Qu'un épais brouillard nous ravit,
Être d'une immuable essence,
Cercle sans principe et sans bout,
Qui n'a point de circonférence,
Son centre se trouvant partout."

Extrait d'une lettre au baron de Metternich, vers 1710

mardi 22 décembre 2015

L'exercice du silence

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Cet exercice de silence se doit faire à l'exemple de celui de Dieu, qui n'a qu'une seule parole bien simple, spirituelle et sans bruit...

Cela se fait par une seule et simple vue ou souvenir de Dieu, qui tombe doucement dans le fond de l'esprit, et de l'esprit, encore plus doucement et plus amoureusement en Dieu, et ce avec une vive foi et une douceur indicible.

Attachez-vous y donc sans étude, et vous efforcez sans force, de faire cette heureuse chute de votre souvenir en Dieu le plus souvent, paisiblement, simplement, amoureusement, gaiement et librement qu'il vous sera possible, sans aucun bandement d'esprit, ne regardant pas cet exercice comme une tâche qu'il vous faut faire, mais comme une récréation sainte et libre, et dont la discontinuation vous est indifférente, quoique involontaire, faisant tout votre possible pour la continuer sans empressement ni attache, laissant à Dieu de vous conduire pour aller et venir comme il Lui plaira.

Martial d'Etampes, L'Exercice du silence, 1639

jeudi 17 décembre 2015

Les deux sortes d'oraison, suite

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Il y a deux approches de la vie intérieure : 
- celle de l'abstraction, qui veut faire le vide par un effort volontaire ou par le biais d'une certitude métaphysique (du genre "Dieu est tout", "Tout est un"), sans autre appui que le mental ou le corps ; 
- et celle de l'amour, qui se laisse guider par Dieu, par la Déesse ou quelque soit le nom qu'on lui donne.

Madame Guyon l'explique ainsi :

"Par cette voie [de l'amour], l'âme trouve en peu [de temps] son centre, ce qui n'arrive pas par la simple abstraction de l'esprit ; car quoique l'âme y ait une certaine paix qui vient de l'abstraction des objets multipliés, cette paix n'est ni savoureuse ni si profonde que par la voie de la volonté."

"Volonté" ne désigne pas ici la faculté de faire des efforts. Bien au contraire, dans la langue classique, la volonté est la faculté d'aimer, par opposition à l'entendement, qui est la faculté de connaître. Les deux méditations sont donc la méditation de la connaissance (la voie non-duelle telle qu'envisagée la plupart du temps) et la méditation de l'amour, la voie mystique.

"De plus, l'homme faisant lui-même par effort cette abstraction, il en est le principe et par conséquent l'agent, en sorte que Dieu n'est ni principe de son oraison, ni son moteur. Il n'en est pas ainsi de celle qui se fait par le recueillement intérieur où la volonté commande et attire les autres puissances. L'amour sacré s'empare de la volonté de l'homme, devient son principe, son moteur, son agent. L'âme devient passive par ce moyen et la volonté perdant peu à peu toute force active, sent qu'une autre volonté, qui est celle de Dieu, prend insensiblement la place de la sienne, de sorte qu'enfin elle n'en trouve. Ses désirs aussi s'amortissent insensiblement jusqu'à ce qu'ils s'écoulent en la volonté de Dieu. 
Ne nous trompons point, on ne se perd en Dieu que par la volonté ; et c'est cet écoulement de la volonté en Dieu, l'esprit étant simplifié par la foi et ne retenant nul objet ni pensée volontaire, qui fait cette extase permanente qui est le passage de la volonté en Dieu. C'est l'abstraction de la volonté qui est essentielle car n'étant plus retenue par rien, elle retourne en son principe, entraînant avec elle l'esprit, dont elle est supérieure. Tout autre voie, quelque sublime qu'elle paraisse, arrête l'âme, et ne la perd jamais dans son principe originel... Si par impossible, l'esprit était désapproprié sans que la volonté le fut, la volonté lui communiquerait plutôt sa propriété qu'il ne lui communiquerait sa désappropriation."

Madame Guyon, Discours spirituels..., tome I, 43

Cette dernière phrase est d'une grande portée : la "propriété", c'est ce que l'on appellerait aujourd'hui l'ego. Si donc le mental est sans ego, l'ego demeure tant qu'il n'est pas dissout au niveau affectif, au niveau de la volonté. Et cela, seul l'amour divin peut le faire. Se désidentifier du mental ne suffit pas. Voir ne suffit pas. Il faut aimer. Tout éveil cognitif, au non jugements, à l'absence de pensée, etc. sera récupéré par l'ego tant que l'ego demeure au plan affectif ou, disons, subconscient. C'est la voie de Shiva dans le shivaïsme du Cachemire, ou voie de la volonté, de l'élan d'amour pur. On se laisse prendre par lui et lui fait tout ce qui doit l'être, comme il faut. 

Pour autant, je ne serai pas aussi radical que Madame Guyon. L'amour et la connaissance, la volonté et l'entendement, ne sont que deux faces du même absolu. L'éveil purement cognitif peut mener spontanément à l'amour. Dans les milieux "non-duels", un exemple authentique de la voie de l'amour, où l'on se laisse prendre plutôt que l'inverse, est Yolande. Mais il y en a sûrement d'autres. 
Quoi qu'il en soit, la vie intérieur doit passer par l'amour. Sans cela, tout silence demeure stérile ou bien se trouvé récupéré par l'ego, comme on en voit tant d'exemple dans les milieux spirituels, et d'abord en soi-même.   

jeudi 5 novembre 2015

Richesse de l'expérience mystique

peinture : Vierge au jardinet (anonyme, début XVIe siècle)

L'expérience de Dieu est d'abord une expérience de vide, c'est-à-dire d'ouverture, de disponibilité, d'écoute et de nudité. Mais au sein de cette vacuité, se révèle la saveur de l'être, saveur qui enveloppe toutes les autres. Comme le Soi des Upanishads qui enveloppe tout ce qui est beau et bon, l'expérience de Dieu dont parlent les mystiques chrétiens est l'expérience d'une richesse, d'une simplicité où tout est donné dans le temps d'un instant. D'où la liberté du mystique vis à vis du monde et, surtout, vis-à-vis de sa propre personne et de ses tendances. Rempli par Dieu qui embrasse en soi tout ce que l'homme désire, l'homme devient indépendant par rapport aux choses de ce monde. Si un certain détachement prépare peut être à l'expérience mystique, il est certain que l'expérience mystique débouche sur un véritable détachement intérieur. "L'unique nécessaire" nous délivre peu à peu de tout le superflu, et d'abord de l'image d'un soi-même, de cet amour-propre dans lequel nous nous noyons sans cesse, à l'image d'un Narcisse amoureux de son reflet.
La liberté mystique vient de la richesse de la contemplation de Dieu en soi et en tout, richesse merveilleuse enveloppée dans un regard simple et nu, qui voit tous les biens simultanément, dans une unité qui dépasse la raison. Ce sont une intuition et un acte d'intelligence, une "intellection" dans le langage de la scolastique. C'est cette vision simple, sans multiplicité mais infiniment riche, que décrit ici l'aveugle de Marseille. Dans ce regard nu, on voit la vérité incréée, par-delà toute raison, mais l'on voit aussi que cette vérité embrasse en elle toutes les vérités et tout ce que l'on désire :

 "Comme les diverses considérations de Dieu se ramassent, s'unissent et se rencontrent en une seule idée qui les comprends toutes [, l'idée de l'être], de même les affections distinctes que nous avons formé de Dieu produisent une affection universelle en laquelle on goûte avec suavité toutes les autres affections.... C'est ainsi que l'on voit d'un seul regard toutes les beautés d'une prairie, que l'on odore d'un seul trait toutes les fleurs d'un bouquet, et que l'on entend tout à la fois les différentes parties d'un concert, sans que ce mélange troue ni altère les sens qui en son frappés. AU contraire, ils se recréent merveilleusement par la variété de tant de choses unies et par l'union de tant de choses diverses."

François Malaval, La belle ténèbre, p. 156

Cette expérience est l'expérience de la diversité au sein de l'Un, et de la présence de l'Un au sein de la diversité des choses et des êtres. Le premier aspect est le yoga de Shakti (l'expérience du "premier instant" du désir ou de n'importe quel choc émotionnel) ; le second est le yoga de Shiva (l'expérience de la transparence des choses, en un silence nu et intense). L'expérience mystique est universelle. Et elle est ouverte, en droit, à tous.

Voici un exemple de concert spirituel, par l'un des plus grands compositeurs baroques, Biber. C'est un cycle de quinze œuvres, les Sonates du rosaire, qui préparent à la contemplation mystique. Voir ici pour une introduction au symbolisme très riche de cette oeuvre au symbolisme très riche. La sonate n° 10, La crucifixion, par l'ensemble Musica Alchemica :


mardi 28 août 2012

Un rayon de miel de Louis de Blois

Une anthologie réalisée au XIXè, sur un auteur qui a largement contribué à faire connaître la mystique rhénane dans la France du Grand Siècle : Un rayon de miel ou doctrine spirituelle du vénérable Louis de Blois, par le bénédictin  allemand Steyer en 1858. La traduction du latin est de l'abbé Roze (le compositeur ?).

mercredi 4 juillet 2012

Le paradis des contemplatifs de Saluthio

Waterhouse, La boule de cristal

Un traité peu connu : le Paradis des contemplatifs de Barthélémy de Saluthio, un franciscain italien, 1609. Ce n'est pas la mystique la plus pure ni la plus puissante, mais c'est un traité souvent agréable à lire, sous la forme d'un dialogue avec l'Ange.

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dimanche 24 juin 2012

Maximes spirituelles de Barré

Le père Nicolas Barré

Maximes spirituelles du Père N. Barré, Paris, 1694. Un mystique peu connu, poète profond. Voir aussi ce site avec ses œuvres complètes.

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mercredi 13 juin 2012

Anatomie de l'âme de C. de Barbanson

Von Amerling, 1834

Anatomie de l'âme et des opérations divines en elle par Constantin de Barbanson, 1685. Un traité exceptionnellement détaillé et rigoureux sur les états et les étapes de la vie intérieure.

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dimanche 27 mai 2012

L'Agneau occis d'Aumont

Un manuel complet de vie mystique : L’Ouverture intérieure du royaume de l'agneau occis dans nos cœurs avec le total assujettissement de l'âme à son divin empire où il sera brièvement traité de la vraie et sainte oraison et récollection intérieure par "un pauvre villageois", alias Jean Aumont, édition de 1660, Paris.


Son abrégé :

dimanche 20 mai 2012

Traité de la paix intérieure de Lombez

La tradition mystique a subit un véritable crépuscule à la fin du XVIIe siècle. Au siècle des Lumières, la mystique devient mysticisme, synonyme d'occultisme. Il y reste cependant quelques figures, comme le jésuite Ambroise de Lombez, auteur de ce Traité de la paix intérieure, suivi du Traité de la joie de l'âme chrétienne (1855, mais on trouvera sur Google d'autre éditions plus anciennes). La tradition mystique doit beaucoup aux jésuites, avec des figures comme Maximilien Sandaeus, auteur d'une Clef pour élucider la théologie mystique et le Père de Caussade.


jeudi 17 mai 2012

La vie et les maximes de Jean de Saint-Samson

La vie et quelques extraits des œuvres du mystique aveugle (comme François Malaval) Jean de Saint-Samson. La vie, les maximes et partie des œuvres du très excellent contemplatif Jean de Saint-Samson, aveugle dès le berceau, et religieux laïc de l'ordre des Carmes déchaussés, 1656.




dimanche 13 mai 2012

Règle de perfection de Benoit de Canfield

Un des piliers de la mystique du XVIIe siècle : Benoît de Canfield. Un diamant brut, difficile à lire car il était anglais d'origine. Mais surtout, parce que son expérience est radicale - bien qu'elle s'inscrive dans la tradition mystique chrétienne. Il faut lire et relire en particulier la troisième partie de sa Règle de perfection (c. 1590). Elle a connu bien des éditions différentes, avec ou sans cette troisième partie sulfureuse. En voici quelques unes.
Edition de 1610 :
Edition de 1632 :
Edition de 1682 :

jeudi 10 mai 2012

Méthode claire et facile par un anonyme



Méthode claire et facile pour bien faire oraison Mentale et pour s'exercer en la Présence de Dieu, par un Carme anonyme ? Édition de 1650.

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lundi 7 mai 2012

Le Cabinet mystique de Jean de Saint Samson

 De La Tours, musicien aveugle

Voici la seconde partie d'un traité par le grand Carme aveugle Jean de Saint-Samson. Un style parfois difficile, mais quelle profondeur ! Une seule maxime : "Toujours mourir". Ce traité est Le cabinet mystique, adressé aux directeurs plus illuminés, Rennes, 1655. Il s'agit donc d'un manuel à l'usage des directeurs spirituels afin de les... diriger dans leurs directions.

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lundi 30 avril 2012

Le Jour mystique de Pierre de Poitier

La mystique est attaquée de toute part au Grand Siècle. Au sein même de l’Église, certains la défendent cependant. L'un des exemples les plus intéressants est Le Jour mystique de Pierre de Poitiers (1671). Il en définit le vocabulaire et précise les différentes sortes d'oraison, depuis les expériences des débutants jusqu'à la consommation de l'union par-delà toute différence. Un texte-clef, composé par un homme à la fois érudit, intelligent et expérimenté, chose rare dans la mystique. La théologie mystique est ici distinguée de la théologie scolastique, purement intellectuelle. Cette distinction n'est pas une invention de P. de P., mais une tradition qui remonte au moins au Pseudo-Denys, reprise et méditée dans des centaines d'ouvrages. Pourtant Wikipédia ignore totalement cet aspect du christianisme, alors même que l'on y mentionne le "Metal Chrétien" ! Cette absence reflète malheureusement l'oubli de la mystique dont souffre la culture chrétienne. Quoi qu'il en soit, voici le tome deux de cette œuvre magnifique, seul disponible ; mais une édition complète sur papier devrait bientôt être publiée :

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lundi 23 avril 2012

La pratique de la vraie théologie mystique, Malaval, Bernières et Sainte Thérèse

Une belle compilation de textes dans la tradition du pur amour : La pratique de la vraie théologie mystique contenue dans quelques traités abrégés ou retouchés, 1709. Y figurent, sur plus de 700 pages, Thérèse d'Avila, Jean de Bernières et François Malaval, ce pieux laïc aimé de ses frères et sœurs, docteur de la Sorbonne et aveugle (!) de Marseille. La Cannebière est riche d'une très ancienne tradition mystique, depuis les Phocéens (inspirés par Parménide, sur quoi on lira Dans les antres de la sagesse aux Belles-Lettres, par un disciple d'Irina Tweedie) jusqu'à Malaval en passant par Jean Cassien. Le livre comprend à la fin une très utile "table des matières" au sens littéral du terme, c'est-à-dire une sorte d'index des thèmes et des expressions mystiques.

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Se tenir ferme en notre néant

Tout notre être est Dieu. Et donc, dans la conscience de cette dépendance totale,  il n'y a pas à se soucier des dons ou de leur a...