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mardi 22 décembre 2015

L'exercice du silence

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Cet exercice de silence se doit faire à l'exemple de celui de Dieu, qui n'a qu'une seule parole bien simple, spirituelle et sans bruit...

Cela se fait par une seule et simple vue ou souvenir de Dieu, qui tombe doucement dans le fond de l'esprit, et de l'esprit, encore plus doucement et plus amoureusement en Dieu, et ce avec une vive foi et une douceur indicible.

Attachez-vous y donc sans étude, et vous efforcez sans force, de faire cette heureuse chute de votre souvenir en Dieu le plus souvent, paisiblement, simplement, amoureusement, gaiement et librement qu'il vous sera possible, sans aucun bandement d'esprit, ne regardant pas cet exercice comme une tâche qu'il vous faut faire, mais comme une récréation sainte et libre, et dont la discontinuation vous est indifférente, quoique involontaire, faisant tout votre possible pour la continuer sans empressement ni attache, laissant à Dieu de vous conduire pour aller et venir comme il Lui plaira.

Martial d'Etampes, L'Exercice du silence, 1639

La prière infuse

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La prière n'est pas une vulgaire vibration sonore qui irait invoquer tel ou tel ange, n'en déplaise. 
La prière est un acte de conscience de soi, une reconnaissance de Dieu en soi. 
La prière n'est pas une suite de syllabes ou de sons, mais une plongée en soi. 
La prière ne peut être énoncé avec la bouche, elle s'énonce de lui-même à l'orée de chacun de nos gestes, de nos paroles, de nos respirations. 
Nul ne peut la faire taire, mais chacun peut la reconnaître, se mettre à son écoute, se couler dans son flot.
Elle est "je suis", "je suis celui qui est", "je suis l'être", mais sans ces mots.
Elle est le Nom que nul ne peut dire sans mourir et renaître.
Quel est son fruit ? Tout.

Comme dit l'aveugle de Marseille :

"Quand l'âme contemplative, élevée par un mouvement de la grâce, se représente Dieu en lui-même, sans aucune notion expresse ou distincte, elle dit ce souverain nom ["je suis"] sans le dire, d'autant qu'elle entend regarder Dieu parfait, infini et séparé de toute image créée, ce qui ne peut se faire que par cette notion universelle de l'Être des êtres."

Mais n'est-ce pas un peu sec, froid ? Non car :

"En peu de temps ce n'est plus une notion [=une connaissance] mais un goût [=un ressenti], ni une pensée mais une expérience, ni un terme significatif mais un sentiment assouvissant, une lumière vivifiante et une connaissance toute effective et affective - et non pas sèche et scholastique, comme beaucoup de gens se la figurent."

Françoais Malaval, La belle ténèbre, 1670, p. 178

Se tenir ferme en notre néant

Tout notre être est Dieu. Et donc, dans la conscience de cette dépendance totale,  il n'y a pas à se soucier des dons ou de leur a...